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Âgisme : entre invisibilité et discriminations

Si l’on a beaucoup parlé des personnes âgées durant la période du Covid-19, vieillir est souvent synonyme d’invisibilisation. Selon le Glossaire du site Stop Discrimination publié par l’Union européenne, l’âgisme est un « préjugé contre une personne ou un groupe en raison de l’âge ». Dans son dernier numéro, la Revue Nouvelle consacre un dossier spécial « Vieilles et vieux ». L’occasion de découvrir d’autres lectures pour changer notre regard sur la vieillesse…

Revue Nouvelle, Mars 2022, n°3

Présentation du dossier : « Les vieux, les vieilles, on en parle beaucoup, mais avec énormément d’ambigüité : les « boomers » seraient responsables de l’état du monde d’aujourd’hui, mais il faut protéger les « séniors », car ils sont plus fragiles ; il faut penser à grand-maman et se protéger de la Covid-19 pour lui rendre visite à Noël, mais on l’a reléguée dans un home pour qu’elle ne nous pèse pas trop ; on déteste les vieilles méchantes incarnées par Tatie Danielle (sauf si c’est du cinéma), mais on adore les grands-mères nourricières façon Mamie Nova… La relation amour/haine envers les vieux et les vieilles mérite qu’on s’y attarde, qu’on la décortique, qu’on tente d’appréhender ses sources ».

Depuis les travaux du psychiatre et gérontologue Robert Butler dans les années 1960, l’un des qualificatifs fréquents de cette relation est la notion « d’âgisme ». Cette notion, introduite initialement comme un mot composé, dans un article intitulé « Age-ism : Another Form of Bigotry », se propose de compléter les notions de racisme et de « classisme ». Butler la définit comme suit : « L’âgisme reflète un profond malaise de la part des jeunes et des personnes d’âge moyen — une répulsion personnelle et un dégout pour le vieillissement, la maladie, le handicap ; et la peur de l’impuissance, de “l’inutilité” et de la mort [1] ». À le suivre, de ce malaise découlent une série de discriminations qui se marquent au quotidien, dans la vie des vieilles·vieux. Et comme beaucoup d’autres, ces discriminations s’appuient sur des stéréotypes véhiculés notamment dans les discours tenus sur les vieilles et les vieux, y compris dans la littérature scientifique.

Lectures épinglées :

Sorcière, vieille fille, cougar, la femme de plus de cinquante ans (voire moins) est dévalorisée, déconsidérée, invisibilisée, elle passe de l’autre côté du miroir. Pourquoi ? Comment ? Quels sont les mécanismes sociétaux en jeu ?

Le projet du « bien vieillir » est venu conforter un ensemble de représentations de l’humain comme auto-entrepreneur, véhiculées notamment au travers d’une partie de la littérature économique. Pourtant, la trahison inéluctable du corps des vieux·vieilles rappelle le caractère profondément illusoire de l’auto-emprise indispensable à l’auto-entreprise du « bien vieillir ». Partant du constat que cet écueil remet profondément en question nos représentations collectives, peut-être faut-il chercher à en rire avec les vieilles·vieux, pour mieux construire la critique sociale.

Plus de ressources :

En posant un autre regard sur la vieillesse, la journaliste des Grenades, apporte un éclairage sous le prisme du genre :

« La question du genre, quand on parle de vieillesse, est un enjeu majeur puisque la population mondiale vieillit, et que le rapport de féminité augmente avec l’âge, ce qui signifie qu’il y a plus de vieilles que de vieux en Belgique. Aussi, comme l’indique l’OMS :  la pauvreté du grand âge est beaucoup plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Que ce soit dans les régimes de retraite ou dans les systèmes de sécurité sociale, les inégalités sont légion. Dans les pays de l’OCDE, les prestations de retraite sont d’ailleurs en moyenne inférieures de 27 % pour les femmes. Sans oublier les stéréotypes qui touchent particulièrement les ainées. « Alors qu’un homme est valorisé par ce qu’il fait, une femme est jugée pour son apparence : jeune, mince, blanche, valide. Il n’y a pas de « vieille belle « , car la femme âgée s’éloigne des rôles qui lui sont imposés par la société patriarcale : plaire et enfanter« , analyse l’ASBL Espace Seniors pour le magazine Femmes Plurielles. Ces discriminations face au vieillissement ont un nom : l’âgisme. »

Pour continuer sur la thématique de la vieillesse des femmes et faire lien avec notre dossier sur le podcast, Mamie dans les orties, produit par Slate Audio, propose un regard intime et personnel en nous invitant à écouter les récits de nos grands-mères : « une manière de se nourrir d’histoires dans l’Histoire. Parce qu’il est nécessaire de comprendre d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Ici, on découvre ce que veut dire être une femme dans la seconde moitié du XXe siècle et comment l’évolution des droits des femmes a transformé la vie de nos grands-mères. Ici, on écoute les premières qui ont eu le droit de voter, d’avoir un chéquier à leur nom, de divorcer, d’avorter, finalement de vivre de plus en plus librement ».

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