« En Afghanistan, on ne punit pas les femmes, on les détruit »

C’est un cri d’horreur poussé par les femmes d’Afghanistan. Depuis le retour des talibans, le processus d’enfermement et la barbarie se sont à nouveau abattus sur elles. Dans ce film bouleversant, réalisé par Solène Chalvon-Fioriti, quatre générations de femmes afghanes se racontent. Une parole au féminin, confisquée par les fondamentalistes, mais instrumentalisée bien avant eux.

« Afghanes » de Solène Chalvon-Fioriti, disponible en replay sur Auvio, mars 2023Credits photos : @Elephant Doc

Une jeune femme diplômée qui voit s’écrouler tous ses rêves et sombre dans le désespoir, une chef d’entreprise qui lutte chaque jour pour préserver l’emploi de ses salariées, une enseignante qui abrite une classe clandestine, une paysanne qui se bat pour divorcer, une jeune mère dans la misère contrainte de vendre trois de ses filles pour survivre… Les témoignages et les portraits d’Afghanes laissent une empreinte profonde. Ils permettent surtout d’entendre un pays au féminin, qui ne cesse de subir la volonté des hommes.

« Une histoire de la violence dans la tête des femmes afghanes », annonce la voix de Solène Chalvon-Fioriti, correspondante en Afghanistan pendant plus d’une décennie. La journaliste connaît bien ce pays auquel elle a consacré plusieurs documentaires et récemment un livre, La femme qui s’est éveillée, une histoire afghane, finaliste du prix Albert-Londres. Depuis le retour au pouvoir des talibans, le 15 août 2021, elle poursuit son travail auprès de celles dont elle recueille inlassablement la parole : les femmes, victimes de la pire des misogynies.

Car, au fil des mois, les Afghanes ont replongé dans l’obscurité : celle de leurs burqas imposées par les talibans, de leurs maisons où on les a recluses de force, et celle des châtiments d’un autre âge. Elles, qui ont disparu de l’espace public, livrent dans l’intimité de leurs maisons, le visage découvert et la parole libérée, leurs sentiments, leur révolte et leurs espoirs.

Un document d’autant plus rare que l’Afghanistan des talibans s’isole à grands pas du monde, et barre progressivement l’accès aux journalistes étrangers. Solène Chalvon-Fioriti s’est d’ailleurs vu refuser à la fin de l’année 2022 le visa lui permettant de continuer à travailler dans le pays. Mais les entretiens qu’elle a enregistrés auprès de ces femmes qu’elle connaît parfois depuis plusieurs années, déroulent pour chacune — et pour quatre générations différentes — une réalité de la femme afghane. Avec ses souffrances, ses joies, sa dignité, son courage et sa fierté.

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