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Encore et toujours plus de sans-abris en Région bruxelloise: + 27% depuis 2018

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En Région de Bruxelles-Capitale, le nombre de personnes sans-abri et sans chez-soi a augmenté de 27,72% par rapport à 2018. Les résultats du dénombrement réalisé par Bruss’Help, organisme en charge de coordonner l’aide aux sans-abris, sont bien sûr influencés par la pandémie et en grande partie sous estimés. Une situation alarmante.

C’est officiel, Bruss’Help [1]https://www.brusshelp.org/index.php/fr/ a rendu public les résultats de son dernier “comptage” des personnes sans-abri en Région Bruxelloise. Cette méthodologie, qui vise à faire effectuer un relevé « photographique » à un instant T, grâce au travail de terrain d’une vaste équipe de bénévoles et de professionnels du secteur, a permis depuis sa création de rendre compte de la hausse alarmante du phénomène en Région bruxelloise.

Les dénombrements bruxellois sont réalisés depuis 2008, à travers un ancrage aux catégories Ethos. Ces catégories visent à comprendre la situation des personnes sans-abri en Europe en termes de milieux de survie, de droits sociaux et d’effectuer des comparaisons d’un dénombrement à l’autre.

Le 9 novembre entre 23h et minuit, des volontaires en provenance de diverses associations ont parcouru les rues de Bruxelles pour repérer les personnes sans-abri, sans logement dans l’espace public. Cette vaste opération de comptage a pu être réalisée avec l’appui des services public (STIB, Police, gardiens de parcs, certains gestionnaires de parkings,…) et des équipes de terrain avec leurs propres véhicules, sur base volontaire.

Par ailleurs Bruss’Help a pu compléter les chiffres du comptage nocturne réalisé par des volontaires avec les données issues des différentes structures d’hébergement et d’accueil. Cette base de donnée fournit, en temps réel, le nombre de personnes passées par les services d’ hébergement du secteur de l’aide aux sans-abris (centre d’urgence, maisons d’accueil, logement de transit). Ont également été prises en compte, les données fournies par les partenaires de terrain et les CPAS : des données relatives aux hôpitaux, aux squats, aux occupations négociées, aux Structures d’Hébergement Non Agréées et à d’autres situations de mal logement, …

“La pandémie ne semble pas avoir impacté la participation des volontaires au comptage” précise Mauro Striano, Conseiller Recherche à Bruss’Help. “Il y a eu une très bonne collaboration entre les 91 organisations partenaires, y compris avec les services publics.”

5313 sans-abris ont été recensés, soit une augmentation de plus de 27% par rapport au dernier dénombrement qui avait eu lieu en 2018.

Points d’attention particulièrement inquiétants:

  • 933 enfants ont été comptabilisés (contre un peu plus de 600 mineurs en 2018)
  • 999 personnes ont été dénombrées en squats (contre 587 en 2016)

Deux raisons peuvent à ce jour expliquer ce phénomène:

En premier lieu: la pandémie de Covid et le couvre-feu décrété à Bruxelles qui ont poussé de nombreuses personnes sans logement à trouver refuge dans le seuls lieux disponibles. “La pandémie a permis de rendre ces personnes plus visibles aux yeux de Bruss’Help qui serait parvenu à nouer une relation de confiance avec les coordinateurs de squats et la Febul (Fédération bruxelloise de l’Union pour le Logement). Cette augmentation peut notamment être expliquée au regard de la grande mobilisation autour des squats dans le cadre de la crise Covid : les liens de confiance noués avec les professionnels du social et de santé ont permis de comptabiliser toute une série de personnes jusque-là restées invisibles”, indique Mauro Striano. Plus de signalements ont été relevés, ce qui démontre une meilleure veille sociale sur ces endroits en RBC.

En deuxième lieu: On peut également émettre l’hypothèse que la crise sociale, économique et sanitaire a conduit une frange de la population en situation de grande précarité à trouver refuge dans des bâtiments inoccupés. Le dernier relevé (2018) avait été réalisé juste après le vote de la loi anti-squats ([2]https://www.cbcs.be/Loi-anti-squat-une-criminalisation-du-droit-au-logement. Une pression reposait alors sur les plus précaires pour qui l’occupation de squats était le dernier rempart avant la rue mais qui constituait une “prise de risque”. Mais l’explication de cette augmentation est fondamentalement liée à l’écart entre le nombre de logements abordables et la grande précarité à Bruxelles.

Autres points d’attention remarquables:

Pour la première fois depuis l’existence des dénombrements à Bruxelles, les femmes sont plus représentées dans certains types de services: quelques hôtels ont été, suite à la pandémie, réquisitionnés par des communes pour y loger des sans-abris. Plus de femmes et d’enfants que d’hommes ont été comptabilisés dans ces hôtels, ainsi que dans le centre femmes du Samusocial à Molenbeek, ce qui certes est un tant soit peu rassurant mais lié au contexte épidémiologique.

Autre première depuis l’existence des dénombrements, le nombre de personnes en maisons d’accueil était légèrement moins élevé que d’habitude. Ceci s’explique par le fait que les mesures de distanciations sociales y étaient imposées.

Une augmentation des places occupées en urgence est mise en avant (1540 adultes et 388 enfants), une tendance qui, bien que liée à la pandémie de 2020, semble hélas se confirmer lors des différents dénombrements.

Une relative stabilisation du nombre de personnes en rue est mise en avant: 719 personnes en rue dont 12 enfants en 2020 (contre 759 dont 14 enfants en 2018).

Enfin, en ce qui concerne le Housing First [3]http://www.housingfirstbelgium.be/fr/, la croissance proportionnelle des insertions par le logement ralentit par rapport aux dénombrement précédents: + 28% en 2020 (contre + 195 % entre 2014, et 2016, époque des premiers développements du programme à Bruxelles, et + 100% entre 2016 et 2018).

La Région bruxelloise compte 1,2 millions d’habitants et était estimée comme la 5eme région la plus riche d’Europe par Eurostat[4]https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/bruxelles/bruxelles-est-la-5e-region-la-plus-riche-d-europe/10101954.html. Eurostat ne dispose pas de données plus récentes au sujet de Bruxelles mais, c’est une évidence, la situation des précaires s’y dégrade de plus en plus.

François Bertrand, directeur de Bruss’Help au micro de BX1 témoigne de son inquiétude et résume les enjeux actuels:

“Ce qui est surtout inquiétant, c’est l’augmentation d’enfants et adolescents dénombrés dans l’ensemble des catégories (…). Le réel impact du covid risque d’agir comme une onde de choc (…) qui va toucher des populations précarisées et qui se verra seulement lors des prochaines années.(…) A tout moment, une personne peut basculer dans la sans-abrisme. Une baisse des loyers devient nécessaire (ndlr: à Bruxelles) pour prévenir ce sans-abrisme.”

Télécharger l’info fiche de la Région de Bruxelles-Capitale réalisée par la FRB

Bruss’Help fait savoir que son rapport complet sur le Dénombrement 2020 sera bientôt mis sous presse et publié en avril. Suite à cette publication, des présentations seront prévues pour les personnes intéressées. Les dates seront annoncées prochainement.

Le communiqué de presse de Bruss’help ainsi que des graphiques sont accessibles via ce lien.

Au sujet du dénombrement 2020 dans les médias:

Notes

Notes
1 https://www.brusshelp.org/index.php/fr/
2 https://www.cbcs.be/Loi-anti-squat-une-criminalisation-du-droit-au-logement
3 http://www.housingfirstbelgium.be/fr/
4 https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/bruxelles/bruxelles-est-la-5e-region-la-plus-riche-d-europe/10101954.html

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