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«L’afflux massif» de réfugiés est un mythe aux effets pervers

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Une opinion de Robin Stünzi, Doctorant au Centre des migrations de l’Unine, parue le Jeudi 03 septembre 2015 sur le site du média suisse Le Temps.


Depuis plusieurs mois, les images des drames de l’immigration diffusées dans les médias s’accompagnent d’un discours véhiculant l’idée que l’Europe se retrouve «submergée» par une immigration massive et sans précédent. Ce discours repose sur une vision étriquée des processus à l’œuvre et conduit à nier le besoin de protection des migrants pour renforcer une politique sécuritaire ayant fait la preuve de son inefficacité.

Certes, un nombre très important de personnes sont arrivées en Europe pour y demander l’asile en 2014 (environ 660 000) et en 2015 (plus de 400 000 durant les six premiers mois), mais nous sommes trop aveuglés par notre européocentrisme pour mettre ces chiffres en perspective internationale. Soixante millions de personnes sont actuellement déplacées de force à l’échelle mondiale et plus de 80% d’entre elles se trouvent dans les pays en développement. L’Europe n’est donc touchée que très marginalement par ce phénomène.

D’un point de vue historique, le discours de «l’afflux massif» fait l’impasse sur les nombreux épisodes d’accueil de personnes en fuite ayant jalonné le passé de l’Europe occidentale. Sans remonter jusqu’aux événements de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre froide, il est utile de rappeler qu’en 1992, 670 000 demandes d’asile avaient été déposées dans une UE à 15 membres, contre 620 000 en 2014 dans une UE à 28. A l’époque, un même discours alarmiste avait été diffusé, mais les personnes en fuite avaient malgré tout été accueillies dans différents pays européens, dont la Suisse. Aujourd’hui, la plupart de ces pays reconnaissent les bénéfices économiques, sociaux et culturels que ces migrants ont apportés à leur société, mais ils se montrent incapables d’adopter cette attitude vis-à-vis des flux migratoires contemporains. (Lire la suite sur le site www.letemps.ch)

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