Une forte chaleur durant une période prolongée impacte négativement la santé, physique et mentale. Au micro d’Arnaud Ruyssen, Jean-Luc Belche, Professeur au département de médecine générale de l’Université de Liège et médecin généraliste parle d’une « fièvre continue » pour le corps humain : « sans retombée de températures, le corps reste en surchauffe, sans possibilité de récupérer et avec des perceptions altérées », comme la sensation de soif qui peut mener aux urgences si l’on constate un état de déshydratation avancée.
Malgré ce que l’on a pu nous faire croire dans les médias et sans mauvais jeu de mots, nous ne sommes pas tous·tes logé·es à la même enseigne en termes de résistance au réchauffement climatique[1]. L’état de santé de la personne, sa situation économique et sociale, son métier, sont des facteurs essentiels à prendre en compte dans la manière de prendre soin de la population dans les années à venir. Comme le rappelle Jean-Luc Belche, les situations se cumulent : « les personnes qui ont des problèmes de santé sont souvent plus précarisées, ont des logements moins adaptés ». Les coups de chaleur creusent les inégalités sociales car pour s’en prémunir, nous n’avons pas tous·tes les moyens (physiques, psychiques, économiques).
A la fin du mois de juin, les thermostats sont restés plusieurs jours au-dessus des 30 degrés, sans accalmie durant la nuit. Statbel publie des chiffres alarmants sur le taux de mortalité à la fin de cette canicule. Le 27 juin 2026, il comptabilise 651 décès, c’est plus que pendant la journée la plus meurtrière, au pic de l’épidémie Covid-19, en avril 2020. S’il est important de préciser que tous ces décès ne sont pas directement liés à la chaleur, il convient de s’interroger sur l’interdépendance des deux phénomènes. Comme on peut le lire sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé[2], « les chaleurs extrêmes peuvent aggraver les risques pour la santé liés aux maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, respiratoires, liées au diabète et troubles mentaux) et causer des lésions rénales aiguës ». Un traitement médicamenteux peut perturber la régulation de la température corporelle et entraîner une surchauffe qui peut causer la mort. Il en va de même pour la déshydratation.
Le 27 juin 2026, Statbel comptabilise 651 décès, c’est plus qu’au pic de l’épidémie Covid-19, en avril 2020.
Ces phénomènes vont se répéter et s’accentuer dans les années à venir. Alors que l’on sent déjà l’automne pointer son nez, cette peur qui nous colle à la peau : celle de l’oubli. Que cette canicule belge, sans commune mesure, nous laisse des enseignements. Nous ne sommes pas condamné·es à subir ces vagues de chaleur. Des solutions existent, elles sont même scandées par les scientifiques, associations, miliant·es depuis de nombreuses années. Avec cette crise climatique, peut-être allons-nous passer de l’immobilisme à un réveil politique ? Rien n’est moins sûr…
Pour en savoir plus
Le Crebis a réalisé une recherche en 2025 sur les inégalités environnementales : De Muynck, S., Bottero, M., Ragot, A., Lelubre, M. 2025. Les vulnérabilités des personnes hyper précaires et/ou sensibles aux aléas climatiques à Bruxelles : premier état des lieux. Rapport pour la COCOM. Bruxelles. Mars 2025.
[1] Voir l’article « Accompagner malgré la chaleur » sur le site du CBCS
[2] https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/climate-change-heat-and-health





