Chaque année, le Forem publie sa liste des métiers critiques ou en pénurie. En 2025, on en comptait 145 en Wallonie. Mais et si tout cela n’était qu’une grosse arnaque destinée à faire passer la pilule des politiques d’activation des chômeurs ?
Julien Winkel – 24-03-2026 – Alter Échos n° 528
En Belgique, et plus singulièrement en Wallonie, les métiers en pénurie ou considérés comme critiques sont sur toutes les lèvres dès que l’on parle de chômage et d’emploi. Dans le sud du pays, on comptait ainsi 145 métiers/fonctions critiques et en pénurie en 2025, d’après la liste publiée chaque année par le Forem. Une liste dont l’objectif est de permettre d’identifier «les tensions sur le marché de l’emploi, en informer les conseillers du Forem, les partenaires de formation (CISP, Mire), voire les secteurs concernés», explique Thierry Ney, porte-parole du Forem. Carreleur, boucher, aide-soignante, kinésithérapeute, voilà des jobs qui en 2025 pouvaient donc vous faire décrocher la timbale en Wallonie si d’aventure vous décidiez de vous y former. Mais est-ce vrai ? Car certains sociologues du travail tirent la sonnette d’alarme: pour eux, cette notion de métiers en pénurie servirait surtout à justifier les politiques d’activation des chômeurs, laissant entendre qu’il suffirait de se former aux bons jobs pour trouver un emploi.
«Il s’agit d’un discours qui fait aujourd’hui partie de l’appareillage politique et qui a deux composantes. Pour la population, il sert à justifier les réformes du chômage, comme la limitation des allocations à deux ans. Et pour les demandeurs d’emploi, c’est un discours de culpabilisation.»
Marc Zune, UCLouvain





