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“L’appel à projet, thermomètre de la relation entre pouvoirs publics et associations”

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Une interview de Jacques Moriau, sociologue au centre de recherche METICES (ULB) et au Conseil Bruxellois de Coordination Sociopolitique, par Saal Caroline – Prospective Jeunesse, janvier 2018.


Aujourd’hui, les pouvoirs publics tendent à privilégier le financement de l’associatif par l’appel à projet. Le choix de cette méthode de répartition des fonds publics est guidé par une volonté d’objectiver, de rationaliser les subsides et d’encadrer les associations qui y prétendent. Coup d’œil sur les conséquences pour le secteur !
En quoi les appels à projet vont-ils modifier le paysage social santé et le monde associatif ?

L’appel à projet modifie très profondément le travail associatif et le secteur associatif, même si ce changement est récent. En premier, il entraîne la précarisation du travail, avec pour risque la diminution de sa qualité. Si vous n’êtes pas sûr de votre financement, s’il est limité dans le temps et dans ses objectifs, vous risquez de ne pas pouvoir engager les bonnes personnes, de ne pas les garder, de ne pas leur faire réaliser correctement leurs missions. Deuxièmement, l’appel à projet bouscule l’identité et les frontières du monde associatif. La culture associative, née dans les années 70, se dissout dans un fonctionnement plus entrepreneurial où de nouveaux acteurs apparaissent et où la place de la militance a nettement été réduite. Dans le même temps, des acteurs externes au monde associatif viennent réclamer une place dans ces appels à projet. Prenons l’exemple de la ville d’Anvers, l’année passée, qui a octroyé un marché public pour l’accueil des réfugiés à une entreprise de sécurité privée. Cette dernière répondait aux critères des règles européennes concernant les marchés publics, compétences sociales ou non. Le travail associatif, ses missions se fracturent pour laisser rentrer des acteurs qui ont une toute autre raison d’être. Cela modifie de l’intérieur le sens du travail social.

Un autre élément est entrain de modifier les limites du secteur et ses logiques internes : l’idée portée de plus en plus par certains acteurs du secteur qu’ils doivent trouver à se financer eux-mêmes. Ils ressentent le besoin de pérenniser leur action eux-mêmes, puisque les conditions de financement public ne le leur permettent plus. Ajoutons à cela des frontières de plus en plus floues également entre travail associatif, travail social et secteur humanitaire.

Lire l’article dans son intégralité sur le site de Prospective jeunesse

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