


Ce nouveau dossier Doc santé s’articule autour de deux chapitres. Le premier, « Souffrance des uns ou souffrance de tous ? Quand les usagers trinquent », s’intéresse à l’état de santé des personnes les plus vulnérables de notre société. Pour comprendre leurs réalités, il est indispensable d’écouter celles et ceux qui les accompagnent au quotidien. Les constats recueillis montrent que les difficultés existaient bien avant la crise sanitaire et que les évolutions récentes ne suffisent pas toujours à améliorer durablement la situation. En allant à la rencontre de structures actives auprès des publics fragilisés, Question Santé rassemble témoignages et analyses qui soulignent l’urgence de repenser les réponses apportées. La deuxième partie, « Souffrance des travailleurs de la santé et du social : quand la machine s’enraye », met en évidence l’impact d’une précarisation croissante et d’un accès aux droits et aux services de plus en plus complexe. Certains publics se retrouvent durablement mis à l’écart, tandis que la pression sur les professionnel·le·s du social et de la santé ne cesse d’augmenter.
« Si les outils ne sont pas dès maintenant soumis à un contrôle politique, la coopération des bureaucrates du bien-être et des bureaucrates de l’idéologie nous fera crever de “bonheur”. La liberté et la dignité de l’être humain continueront à se dégrader, ainsi s’établira un asservissement sans précédent de l’homme à son outil. »
Dénonçant la servitude née du productivisme, le gigantisme des outils, le culte de la croissance et de la réussite matérielle, Ivan Illich oppose à la « menace d’une apocalypse technocratique » la « vision d’une société conviviale ». Ce n’est que par la redécouverte de l’espace du bien-vivre et de la sobriété qu’Illich appelait la convivialité, que les sociétés s’humaniseront.
Depuis 2012, la Belgique est condamnée à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour le maintien prolongé de personnes internées en prison, dans des lieux inadaptés à leurs besoins de soins. La CEDH qualifie ces violations de structurelles et appelle l’État belge à repenser le système d’internement afin de garantir la dignité des personnes concernées.
Faciliter les sorties d’internement est dès lors une priorité. Avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, le Smes a rédigé cette publication, visant à documenter une pratique innovante issue d’un partenariat développé depuis 2023. Il s’agit de témoigner, à partir de projets Housing First, de mécanismes qui ont fait leurs preuves et pourraient être dupliqués pour augmenter le nombre de personnes sortant d’internement.
Depuis 2023, le Smes est partenaire des Trajets de Soins pour Internés, aux côtés de la coordination de la Cour d’appel de Bruxelles, des équipes mobiles TSI Eolia et Sila, du projet Housing First du Relais Social Brabant wallon et du Centre Hospitalier Jean Titeca, dans le cadre d’un appel à projets du SPF Santé Publique. L’objectif est de proposer un logement et un accompagnement à des personnes internées libérées à l’essai, cumulant parcours de rue, troubles psychiatriques et assuétudes.





